un p’tit tour...

à la rue Pierre-Péquignat

En ce bel après-midi du mois de juin, me voilà en train de me balader avec ma sœur dans les paisibles rues de notre belle Vieille Ville. Le soleil est au rendez-vous, tout comme les quelques passants qui arpentent les différents commerces de la rue Pierre-Péquignat. D’ailleurs, ça vous dit une petite visite de cette rue ?

Commençons d’abord par un peu d’histoire… Cela débute en 1726, alors que le prince-évêque de Bâle au pouvoir à cette période, Jean-Conrad de Reinach, souhaite apporter un renouveau aux lois et aux coutumes du pays. Il ordonne de les uniformiser et de les moderniser. Cette décision est fortement contestée par de nombreux paysans qui estiment qu’il s’agit d’une grave atteinte portée à leurs droits ancestraux. Ils n’hésitent donc pas à se révolter. Parmi cette foule se trouve un cultivateur de Courgenay, Pierre Péquignat, qui deviendra un véritable héros en Ajoie et dans le Jura. Afin que la révolte s’organise, il faut nommer des représentants pour mener le combat, et il sera l’un d’eux. Pendant 14 ans, les affrontements se prolongent et, un jour, alors que Pierre Péquignat rentre de Berne, il est arrêté par des soldats français venus soutenir le nouveau prince-évêque, Jacques-Sigismond de Reinach. Ce fervent défenseur des valeurs qu’est Pierre Péquignat connaît alors un destin tragique puisqu’il est emprisonné au château de Porrentruy et décapité devant l’Hôtel de Ville bruntrutain, le 31 octobre 1740. Ainsi, en 1940, pour le 200e anniversaire de sa mort, la rue fut rebaptisée en son honneur.

Après ces quelques lignes d’histoire, je me balade, toujours en compagnie de ma sœur, dans cette rue. Nous décidons de nous arrêter à La Storia del Caffè (JVV n°111). Dès l’instant où nous passons la porte, c’est une ambiance de vacances qui s’installe, grâce à la radio italienne et cette magnifique machine à café provenant de Florence. Une bonne odeur est aussi au rendez-vous, mais ce ne sera pas un café pour nous aujourd’hui, plutôt une boisson au lait et au matcha, très tendance actuellement et qui reflète bien la jeunesse de ce chouette bar ! Mais qu’est-ce que c’est le matcha ? Tout le monde en parle. Eh bien il s’agit d’une fine poudre de thé vert moulu provenant d’Asie. Et quel goût ça a, au juste ? On peut dire que la saveur est vraiment unique et plutôt complexe à définir, on peut ressentir un côté végétal et, mélangée au lait, la boisson est très équilibrée et douce. Bref, vous l’aurez compris, le seul moyen de vraiment connaître la saveur est d’en faire l’expérience !

Une fois que nous sortons, la même ambiance estivale nous accompagne, avec ce soleil toujours bien présent, ces tables installées devant le bar et ces quelques personnes qui s’y tiennent. Nous allons prendre le temps, nous aussi, de nous poser pour profiter de la douceur de cette atmosphère !

Notre boisson terminée, direction la boutique Täd (JVV n°103). Je ne peux résister à ce style que j’aime tant, qui mélange ancien et original ! Dès que nous entrons, c’est la vue de cette jolie étagère qui servait autrefois à ranger les médicaments de la pharmacie Riat qui me séduit ! Elle est tellement jolie, tout en bois et si imposante ! Après avoir contemplé la structure intérieure de ce si joli bâtiment qui a beaucoup de cachet, me voilà plongée dans les bijoux, les vêtements, les chaussures, les sacs... Avec tant de beaux articles dans ce lieu où règne une incroyable sérénité, il y a de quoi trouver ce qui me fait plaisir !

 

En ressortant de la boutique, ma sœur et moi nous dirigeons vers l’Hôtel de Ville, où nous sommes surprises d’entendre des applaudissements. Trop curieuse, je tourne la tête et je découvre qu’un mariage s’y déroule ! Voir les gens applaudir, sourire, et les mariés s’offrir le pacte de leur amour me fait tout chaud au cœur ! Nous remarquons alors toute la beauté de ce bel édifice, parce qu’il faut dire, je passe souvent sans vraiment y faire attention. Je me rends compte qu’il est vraiment imposant, avec ce majestueux escalier. Plus tard, je me renseigne auprès de Pimprenelle (JVV n°81) et découvre que ce bâtiment regroupe tant de fonctions différentes, telles que la salle du Conseil communal, le service financier, la galerie Paul Bovée, la salle des mariages et tant d’autres !

Nous le longeons vers le sud et, après une série de pas, nous grimpons quelques marches. Je découvre, ou plutôt redécouvre avec surprise et bonheur, cette fresque sur laquelle on voit une prairie et des statues de chèvres. Je suis très contente de la revoir, car quand j’étais toute petite, j’adorais regarder cette peinture lorsque je passais cette petite ruelle, je la trouvais très amusante et imposante. Il faut admettre que ce n’est tout de même pas anodin de voir des chèvres se balader verticalement sur un mur ! Le JVV me renseigne sur cette fresque (JVV n°53), et j’apprends qu’initialement, il devait s’agir de vaches à la place des chèvres, mais ça aurait été trop grand… Et saviez-vous que l’œuvre a été réalisée par le dessinateur de presse, peintre et auteur de bandes dessinées jurassien, Pitch Comment ? Les chèvres, réalisées en polyester, donnent depuis plusieurs années une animation dans cet endroit plutôt étroit ! Après l’avoir contemplée un instant, ma sœur et moi redescendons les quelques marches de cette étonnante rue et sortons de notre chaleureuse Vieille Ville.

Nous voilà arrivées au terme de cette promenade que nous avons beaucoup appréciée, dans laquelle se sont mêlées découvertes et joie ! J’espère que vous aussi, vous avez pu vous balader à travers mon récit et que vous n’hésiterez pas à venir profiter de cette rue !

Alessia
juillet 2026

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